Business Models des assistants personnels pour les GAFA

Business Models des assistants personnels pour les GAFA

 

Les Google, Apple, Facebook et Amazon sont lancés dans la course de l’assistance par IA, à travers les assistants personnels et autres chatbots. Sur ces nouveaux marchés, les GAFA présentent des intérêts, des stratégies et des business models supposés potentiellement différents.

Si pour 2 des « Big 4 », les business models sont facilement indentifiables. Pour Google et Facebook, leurs business models ancestraux de gratuité et de publicité supposent quelques interrogations.

 

Commençons par les business models les plus évidents.

 

Pour le précurseur Amazon, son business model est simple : créer un nouveau canal d’accès à son catalogue de vente en ligne. Comme un site web, une app ou encore le « Dash button », l’enceinte intelligente constitue tout d’abord un nouveau canal d’accès au catalogue du Ecommerçant. Les skills étant majoritairement gratuites ou sur modèle Freemium (avec abonnement), elles permettent d’enrichir l’expérience de l’assistant vocal pour in fine mettre le catologue de produits Amazon au centre de la maison.

 

Pour Apple, le business model sera similaire à celui d’Amazon. Apple pourrait chercher à valoriser l’utilisation de l’enceinte intelligente HomePod par la conquête de nouveaux clients pour sa plateforme de musique en streaming « Apple Music ». L’enrichissement et le développement des usages des assistants vocaux permettra de mettre le service de musique au centre du quotidien. Apple pourrait aussi répéter le business model du « In App Purchase » des apps mobiles. En lançant des « In Actions/Skills Purchase », la firme pourrait prendre une part du revenu dégagé (15%-30% ?) par les services et actions demandés sur son HomePod.

 

Pour Google ou Facebook, c’est plus compliqué. Leur business model repose historiquement sur la publicité. Analysons le business model de l’enceinte intelligente gratuite Google Home. Ce modèle étant tout à fait transposable aux chatbots de Facebook. Google pourrait répliquer son business model « gratuit/publicitaire » sur son enceinte intelligente. La firme de Mountain View planche sur 3 axes pour monétiser les contenus et les usages sur l’enceinte Google Home :

 

  • DISPLAY VOCAL : Une intégration de son système publicitaire Adsense est envisagée. Elle permettrait de proposer de la publicité intégrée aux contenus des applis vocales. Les annonceurs pourraient par exemple créer de nouveaux formats de type « brand content vocal ». Reste à déterminer le partage de la valeur entre Google (dont l’enceinte est le canal de diffusion) et le créateur du contenu. Le risque est ici une intégration publicitaire intrusive et peu acceptable pour les utilisateurs. Aussi intrusive qu’une planche de publicité à la radio, une publicité intégrée à une réponse de l’assistant personnel serait socialement peu acceptée.
  • SEARCH VOCAL : Google peut aussi développer un « Adwords vocal ». A moyen terme, le nerf de la guerre des skills/actions sur les assistants vocaux sera d’émerger et d’être installés sur les enceintes intelligentes. Google pourrait alors commercialiser les mots clefs cités par les utilisateurs. En achetant ces mots clefs, les entreprises qui développent des actions pourrait mieux émerger dans le store d’installation des « actions ». Google pourrait aussi commercialiser des « positions vocales sponsorisées ». Au même titre qu’un annonceur achète aujourd’hui des positions de liens sur le moteur de recherche, cet annonceur pourrait demain acheter des positions pour mieux ressortir dans les thématiques du store des actions. Comme sur le moteur de recherche, 2 ou 3 propositions pourraient être envisagés. Là aussi, le risque de perception d’intrusion est assez élevé et l’acceptabilité des utilisateurs sera difficile.
  • DATAS VOCALES : In fine, Google peut décider de remettre à plus tard une monétisation directe de son assistant personnel. En effet, l’entreprise peut prendre le temps de prendre des parts de marché dans les usages et de stocker les requêtes vocales des utilisateurs à fin d’enrichir sa base de connaissance des utilisateurs selon les pays. En connaissant encore mieux ses utilisateurs, Google pourrait enrichir ses produits actuels comme Gmail, Google Maps et commercialiser sur ces produits des positions plus affines avec les besoins, les pratiques et les humeurs des utilisateurs.

 

 

NOTRE CONVICTION :

 

referencer-business-models-GAFA-ARGH-LABS-1Les business models des assistants personnels ne sont pas encore bien définis.

Contrairement aux apps mobiles qui ont présentées dès 2007 un business model valorisable à court-terme : les apps étaient en grande majorité payantes au lancement des smartphones.

A l’inverse, les enceintes intelligentes et les actions/skills d’assistants personnels sont lancés en pleine tendance du modèle gratuit « Freemium ».

Les usages gratuits doivent donc d’abord se développer. Par la suite, des business models pourront être plus structurés en fonction de ces usages.

Dans cette optique, les business models de « nouveau canal » plus directs, avec une bonne utilité et un niveau d’intrusion acceptable pour les utilisateurs, seront les plus valorisables à court terme.

Les business models plus subtiles, basés sur la gratuité/publicité ou encore de potentiels « In Actions Purchase » seront plus difficiles à mettre en place. Les usages des enceintes intelligentes devront d’abord s’installer et se démocratiser. Là est tout l’enjeu pour Google.

L’intérêt commun pour les GAFA est surtout de prendre des « parts d’usages » dans le quotidien des utilisateurs, au sein de la maison connectée par exemple, pour être au centre de l’IOT et des objets connectés de demain (voir notre article).

 

Rencontrez-nous ou demandez-nous en plus sur : hello@arghlabs.com

 

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